L’intrapreneuriat : un défi RH ?

Vous vous dites peut-être : encore un article sur l’art d’entreprendre en interne ; d’amener au sein des entreprises traditionnelles l’agilité, l’esprit d’initiative, la flexibilité, propres aux start-ups ; de libérer la créativité et le potentiel d’innovation des collaborateurs tout en minimisant les risques ; d’accélérer le déploiement de projets qui profiteront au business de l’entreprise tout en développant l’engagement de ses salariés ?

Et bien … pas cette fois ! Car plutôt que de vous dire ce qu’est l’intrapreneuriat (mais pour ceux que ça intéresse, voici tout de même un lien vers un panorama de l’intrapreneuriat), nous avons pris le parti d’explorer ce qu’il implique pour les organisations tentées de le mettre en place. Et plus précisément, ce qu’il signifie en matière de stratégie et de gestion des ressources humaines.

Insuffler la flamme entrepreneuriale aux salariés

Autant que ce soit dit : les challenges auxquels devront se frotter les RH lorsque leur société entamera un processus d’intrapreneuriat seront de taille.

D’abord, parce que l’intrapreneuriat rebat les cartes des pratiques RH actuelles.

Car qui dit intrapreneuriat dit intrapreneurs. Lapalissade ? Pas vraiment ! Au delà de la sémantique, il y a les faits. Et dès lors qu’il s’agit de détecter, peut-être recruter, former, accompagner, regrouper ces salariés d’un nouveau genre, à la croisée des chemins entre management et entreprenariat, gérer sur le long terme leurs carrières bien éloignées des standards linéaires… L’affaire se corse !

Ensuite, parce qu’en dépit de l’envie débordante d’intraprendre que les salariés déclarent – en témoignent les 72% d’opinions favorables que recueille le concept selon un sondage Deloite, la question demeure entière quant à leur capacité réelle d’oser la démarche entrepreneuriale une fois l’incubateur, le laboratoire d’innovations internes sur les rails. Entre dire et faire… la marche peut être haute.

Alors évidemment, les salariés ne sont pas tous faits pour entreprendre. Certains, au regard de leurs compétences et de leurs appétences, ne se reconnaitront pas dans ce mode de gestion de projet. C’est tant mieux, et continuer à donner du sens à leur travail sera d’autant plus ardu qu’il serait facile de minimiser la valeur de leur humilité.

Mais, un intrapreneuriat auréolé de succès est possible, en dehors des grands groupes dont il est encore l’apanage exclusif, si les responsables des ressources humaines savent insuffler la flamme entrepreneuriale à leurs salariés. La question est désormais de savoir comment…

L’immersion solidaire : donner l’envie et la confiance d’entreprendre en interne

Pour Julie MOUSSELON, directrice de RÉALIDÉES, un accélérateur de projets responsables portés par les organisations et des salariés qui souhaitent concrétiser leurs ambitions Développement Durable, « l’immersion solidaire, dans le cadre de l’intrapreneuriat, est un dispositif propice à créer le déclic d’engagement des collaborateurs ». Pas le seul, mais pas des moindres.

Un élément déclencheur donc, permettant au salarié de correctement se préparer au changement pour y participer activement.

Un révélateur de confiance, qui, en mélangeant les genres et les gens, montre sans fard sa valeur et celle de l’autre. Et ouvre sur un potentiel créatif individuel autant que sur une intelligence collective ne demandant qu’à s’exprimer.

Le chantier solidaire est in fine une source d’inspiration, ajoute Julie MOUSSELON : « Lors de leur passage à l’action, de telles journées peuvent permettre aux salariés intrapreneurs de prendre du recul sur leurs projets et de s’alimenter des innovations de terrain ».

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Donc oui : l’intraprenariat est un vrai défi RH ! Parce qu’il est tout autant un outil de la dynamisation des ressources humaines qu’un de ses produits. Mais des alliés existent, chantiers solidaires en tête, pour donner l’envie d’avoir envie. Jonnhy n’aurait pas dit mieux !

 

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2018-03-30T15:58:20+00:00

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