L’art délicat de (se) donner l’envie d’apprendre à nouveau

Ne laisser personne sur le quai de la gare

Comme nous aimons bien être un peu impertinents, nous nous sommes dit que, pour parler de l’art d’accepter (ou de faire accepter) le changement et de (se) remettre dans une posture d’apprenant, nous avions bien envie de filer la métaphore ferroviaire.

Parce que notre conviction est la suivante : une personne face au changement, c’est comme le voyageur d’un train sur le départ.

Il y a celui qui, enthousiasmé par le voyage, s’installe impatiemment dans la rame bien avant le coup de sifflet du chef de gare. Il y a celui qui arrive à la bourre, mais néanmoins déterminé à ne pas rater son train, quitte à bousculer quelques passants. Et puis il y a celui qui, sur le quai, fait morne mine… Se demande ce qu’il fait là. Tout déprimé à l’avance par la perspective du trajet. Qui se donne les meilleures excuses pour laisser passer les trains, quand il ne fait pas demi-tour… Et qui, lorsqu’il monte finalement, souvent sous la pression, subit…

Au delà de l’image, nous voulions partager ici une véritable interrogation de nombreuses directions des ressources humaines : dans un contexte de mutations à marche forcée, comment faire pour ne laisser aucun salarié sur le quai de la gare ?

Un changement bien mal acquis ne profite à personne

Nous irions même plus loin. Dans un monde professionnel percuté par le digital, les nouveaux modes de collaboration, le télétravail et autres métamorphoses de l’organisation du travail, comment faire pour que d’indécrottables routiniers se délestent eux-mêmes de leurs réticences face au changement ? Que, peut-être avec appréhension, mais suffisamment gagnés par la curiosité, ils grimpent volontairement dans train de la transformation ?

Fondamentalement, notre action a toujours été guidée par l’ambition de ne laisser personne de côté. Mais notre expérience nous a également appris que le changement s’accommode mal de la contrainte. Que seule l’envie véritable des salariés à bousculer leurs certitudes, à regagner une posture d’apprenant, est propice à sa mise en mouvement. Et que donner, ou trouver, la volonté d’apprendre à nouveau se révèle une tâche bien plus ardue qu’il n‘y parait, tant pour les cadres que pour les salariés.

Car, pour un manager, savoir donner envie, bien plus encore que savoir motiver, c’est faire appel aux ressorts personnels du salarié. A ses aspirations profondes. A ce qui touche davantage à ses émotions qu’à sa raison. C’est chercher à connaître ses blocages pour mieux les contourner. Son profil d’apprenant, son style d’intelligence, pour mieux titiller son intérêt. C’est enfin se dédouaner d’une mesure objective et confortable de la performance de ses salariés pour se concentrer sur la notion plus évanescente et subjective de la réussite de son équipe.

Perturbant de sortir ainsi des sentiers battus du management !

Surtout si les salariés, de leur côté, n’ont même pas un début de réponse à ces questions. Et pourtant, la compréhension qu’ils ont d’eux-mêmes est la clé de tout.

Connais-toi toi-même

Une philosophie que Socrate ne dédirait pas ! Et à laquelle nous nous efforçons d’aboutir au moyen des chantiers solidaires.

Car le but de nos interventions, ce n’est pas d’organiser une journée ludique loin du bureau. Pas seulement. C’est d’amener les salariés et leur manager loin de leur train-train, loin de leurs repères.

Pour qu’ils se connaissent loin des rôles que chacun endosse au quotidien. Qu’ils se dévoilent à eux-mêmes et mutuellement. Qu’ils expriment des qualités que le contexte professionnel ne parvient pas toujours à mettre en évidence.

Et qu’ils puisent dans l’émotion d’une expérience déroutante, l’envie d’apprendre

2018-05-01T22:25:54+00:00

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