Association et entreprise, ou le mariage faussement contre-nature de la carpe et du lapin

Ah, le mois de décembre ! Les rues illuminées. Les vitrines décorées. Les chants de Noël. L’esprit des fêtes de fin d’année placardé en 4 par 3…

Et, dans les couloirs du métro parisien, fleurissant tel un marronnier, les premières affiches annonçant le salon du mariage.

L’union impossible ?

Une petite digression pour introduire notre sujet. Car oui, c’est bien d’un mariage dont nous allons parler.

Ou plutôt, toutes proportions gardées, d’un partenariat. Qui, à première vue, a tout pour capoter.

D’aucun s’accordera à dire qu’associations et entreprises ont en effet des objectifs de vie diamétralement opposés. Que les motivations qui les poussent à flirter ensemble fleurent davantage le mariage de convenance que l’histoire d’amour véritable. Et que leurs attentes réciproques convergent à peu près autant que celles d’une carpe et d’un lapin.

Mais un partenariat qui, à bien y regarder, possède tous les ingrédients pour détromper les sempiternels défaitistes conjugaux.

Après tout, si l’on en revient à l’origine de l’expression, marier un poisson et un petit ami duveteux aux longues oreilles revenait à qualifier l’union d’un noble avec une roturière (…chocking !).

Or, si l’on considère qu’il n’est plus, aujourd’hui, de têtes couronnées qui ne comptent dans ses rangs quelques manant(e)s ayant fait belle alliance, tout espoir est permis pour notre duo atypique !

Accorder les violons

Allons plus loin. Georges Clemenceau disait dans Le voile du bonheur (1901) : « Deux époux mal assortis sont comme deux chanteurs qui chantent les mêmes paroles sur un air différent. ».

Et nous, nous y voyons un motif supplémentaire de nous réjouir.

Car, si les couples formés par les associations et les entreprises peuvent parfois paraître dissonants, il n’en reste pas moins qu’avec un coup de pouce, leurs violons peuvent s’accorder.

Et c’est de ce constat que s’est fondée la méthode Ça Me Regarde.

Nous aurions pu nous contenter d’être de simples entremetteurs. D’acoquiner ponctuellement deux entités dépareillées.

Mais avons choisi de nous faire diapason. De nous mettre dans la peau de ce petit outil sans lequel la note est moins juste. Et la mélodie commune plus difficile à faire émerger.

Aidés en cela par une bande de passionnés qui se sont fait une spécialité de réconcilier les torchons et les serviettes. De les mettre sur un pied d’égalité à vrai dire.

Comme Cécile, fondatrice de Pain, Partage et Fantaisie. Qui, lorsqu’elle intervient, au début d’une de nos journées solidaires, met tout le monde dans le même pétrin.

« Fabriquer du pain ensemble, c’est accepter de mettre les mains à la pâte, quelque soit la couleur des mains et à qui qu’appartiennent ces mains », nous précise-t-elle.

Salariés et membres des associations, tous se retrouvent donc les mains dans la farine, l’eau et la levure. Souvent démunis face à leur inexpérience boulangistique. Mais rarement désunis, bien au contraire.

« Dès qu’on mélange les ingrédients et que l’on commence à pétrir, le lien se tisse. À double titre ! Entre les participants apprentis boulangers d’abord, mais également entre les éléments chimiques. Car faire du pain, c’est créer une multitude de fils qui, comme un tissage, vont se s’entremêler et créer une pâte qui se tient ».

De ce témoignage, nous retirons une conviction profonde. C’est par le retour à l’humilité que se surmonte la défiance.

C’est dans l’émoi d’un retour à l’ignorance que se dévoilent des êtres désormais ouverts à la rencontre.

Et c’est de ce partage initiatique que surviennent les premières notes d’une partition écrite à 4 mains.

2018-12-26T16:03:36+00:00

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