L’inclusion ou l’avenir de l’insertion ?

Une fois n’est pas coutume, c’est par une publicité tout à fait autocentrée que nous allons débuter ce billet !

Le 24 juin prochain, nous organisons une soirée ciné-débat. Le thème ? L’insertion des jeunes. Le public ? Tous les curieux ouverts à un échange stimulant sur le sujet. Les modalités pratiques ? Suivez le guide ici

Un événement pensé pour de mettre à plat les initiatives, politiques et/ou associatives, de lutte contre l’exclusion des jeunes, qui se succèdent depuis près de 35 ans. L’occasion d’évoquer leurs succès comme leurs échecs. D’interroger leur passé pour peut-être mieux entrevoir leur futur.

Mais, avant d’en dire plus, c’est ici que nous refermerons notre petite plage de réclame.

Car, ce qui va suivre n’est désormais que l’expression de notre opinion. Le fruit de nos réflexions sur le sujet, une contribution parmi d’autres visant à nourrir le débat : pour nous, l’avenir de l’insertion s’écrit au travers de l’inclusion.

Insertion et inclusion : deux notions irréconciliables ?

D’abord, éclaircissons un point : l’insertion et l’inclusion ne répondent pas aux mêmes logiques, certes. Mais on aurait pourtant tort de les opposer.

Pour schématiser, l’insertion suivrait l’idée selon laquelle l’individu cherchant à intégrer un groupe doit se conformer aux règles, aux normes et aux valeurs du modèle dominant.

Quant à l’inclusion, elle reposerait sur le rôle actif qui incombe à l’organisation : celui comprendre les différences individuelles pour proposer à chacun un cadre adapté à son bien-être et à son épanouissement.

Nous en convenons : pris séparément, ces deux postulats sont en totale rupture l’un avec l’autre. Aussi différents que le bleu peut l’être du jaune.

Mais, à l’image du peintre qui mélange ces couleurs pour en obtenir une troisième, s’il nous prenait l’idée de les combiner ? De faire de leurs outils des instruments complémentaires ? D’imaginer une sorte de parcours à mi-chemin, brisant l’unilatéralité de l’effort d’adaptation, encore aujourd’hui trop souvent considéré de la seule responsabilité des personnes en situation d’exclusion.

L’inclusion comme garant du futur de l’insertion 

Un changement de posture selon nous impératif pour envisager le futur des politiques d’insertion.

Pour les espérer plus efficaces. Parce qu’entrer dans une logique d’inclusion, c’est démystifier la différence. C’est soulever le voile de la peur. C’est relativiser les a priori. C’est apprivoiser le changement. Et c’est au fond favoriser l’émergence d’une routine de recrutement estimant la différence comme une richesse et non plus comme une défiance.

Pour les projeter plus durables ensuite. Parce qu’une entreprise qui accepte de remettre en question son modèle dominant une fois sera plus encline à se repenser pour retenir ses salariés. Quels que soient leurs origines et leurs parcours, d’ailleurs.

Mais un changement de paradigme qui ne saurait faire l’économie d’un accompagnement au long court. Car, sans une acculturation de fond des entreprises et une formation des strates managériales aux principes de l’inclusion, ces vœux resteront pieux.

2019-05-28T11:41:59+01:0021/05/2019|Ca me regarde... Et vous|

Un commentaire

  1. eric lafond 23 mai 2019 à 8 h 30 min - Répondre

    Ce sont des débats des années 90, où on essayait de remplacer le mot insertion, trop connoté « réinsertion, sortie de prison, etc., Depuis, le mot a disparu des politiques publiques et des pratiques professionnelles. L’inclusion renvoie aussi à une forme de culte de l’individualisme (adapter une structure, un groupe, une entreprise à un nouvel entrant ?), voire à une forme de victimisation (on n’a pas voulu de moi)
    La remise en question des dispositifs d’insertion, plutôt en échec, ne passe pas par cette voie

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