Dites ! La solidarité, C’est bon pour le business ?

Quiconque a eu le plaisir d’échanger avec un enfant de 3 ans le sait bien, il y a des pourquoi qui laissent pantois.

Et pour être tout à fait francs, c’est un peu le sentiment qui nous a étreint lorsque l’on nous a interrogés sur les bénéfices économiques et financiers qu’une entreprise est en droit d’attendre de la RSE en général, et de la solidarité en particulier. Par culture, par convictions, par réflexe, nous avons immédiatement embrayé sur les vertus humaines de nos solutions.

Seulement, ce n’était pas la question … et nous avons bien senti que la frontière du hors-sujet se rapprochait dangereusement. Alors, parce que nous n’avons pas l’habitude d’esquiver les questions déstabilisantes, nous nous sommes sérieusement penchés sur le sujet : pourquoi la solidarité, c’est bon pour le business ? Et à quel prix ?

La RSE, le pari gagnant pour les entreprises (et à plus d’un titre)

Le problème posé, nous sommes partis à la pêche aux arguments.

Et avons trouvé ce chiffre : 16%. Un taux représentant le bond de productivité moyen constaté par les entreprises moteur en matière de RSE et de prévention santé [1]. Nous est alors revenu en mémoire l’adage de notre professeur de sciences économiques et sociales : gagner en productivité, c’est augmenter le profit ! Un très sérieux argument donc…

Tout à notre joie d’empiler les bonnes preuves, nous avons continué notre raid. Et avons appris que 70% des millenials considèrent que l’engagement social ou environnemental d’une entreprise est un critère plus important que le salaire [2]. Ou encore que 83 % de salariés recommanderaient leur employeur parce qu’ils sont engagés dans une initiative RSE de leur entreprise [3]. Lorsque l’on connaît le temps investi pour recruter et retenir de nouveaux talents, l’argument a de quoi faire mouche.

Et puisque le dicton “jamais deux sans trois” le dit si bien, nous ne nous sommes pas arrêtés en si bon chemin. Et avons dégoté l’argument commercial imparable : pour 65 % des consommateurs, les prises de position d’une marque a un impact (favorable ou défavorable) sur leur acte d’achat [4].

Prendre garde à une vision ultra-utilitariste de l’engagement sociétal des entreprises

Nous en étions là lorsqu’une petite voix discordante nous a bien vite remis les points sur les “i”.

C’est un fait : la RSE a un impact positif sur bien des dimensions de l’entreprise, en dehors de la seule sphère humaine. Il nous revient, acteurs intermédiaires ou responsables internes, de faire passer ce message. Pour conforter nos actions ou pour conserver les moyens d’agir.

Mais à la condition préalable que la politique mise en place soit née d’une profonde et sincère volonté d’engagement de l’entreprise pour ses salariés, pour la société, pour l’environnement. Car réduire une politique RSE à une démarche purement utilitariste n’aura qu’un temps.

Si le désintéressement ne prévaut pas, désillusion et désenchantement attendront cruellement au bout du chemin.


[1] Université de Paris Dauphine et l’AFNOR
[2] Cone Communications, CSR Study, 2017
[3] Korn Ferry, étude sur l’engagement des employés, 2018
[4] Elan Edelman, Earned Brand, 2018

2019-07-08T14:11:09+02:0005/07/2019|Ca me regarde... Et vous|

Laisser un commentaire