La RSE dans les TPE et PME : des engagements … pas toujours visibles ?

En 2018, BPIFrance Le Lab dressait un premier portrait de la responsabilité sociale et environnementale au sein des ETI, PME et TPE, d’après une enquête menée auprès de 1154 entreprises de taille modeste à moyenne.

Une première en France, près de 10 ans après que soit inscrite dans la loi Grenelle 2 l’obligation pour les sociétés de plus de 500 salarié de rendre compte des conséquences sociales, sociétales et environnementales de leur activité.

Mais dont les résultats, qui apportent un éclairage bienvenu, méritent, selon nous, d’être nuancés.

Bilan RSE dans les PME et TPE : “Bien, mais pas top” ?

La première chose que nous apprends cette étude, et on peut s’en réjouir, c’est qu’en 10 ans, la notion s’est largement démocratisée et est entrée dans le langage commun des entreprises. 50% des dirigeants sondés déclaraient même qu’ils avaient d’ores et déjà initié une démarche RSE, structurée ou à l’état embryonnaire, quand, pour 41% d’entre-eux, des actions avaient été ponctuellement mises en place.

La seconde, c’est que le volet social de la RSE, ainsi que les chantiers visant une gouvernance plus ouverte, sont bien investis par les entreprises.
Pour nous qui oeuvrons quotidiennement à relier davantage les entreprises, non seulement en interne, à leurs salariés et leurs salariés entre eux, mais également à leur écosystème, cette conclusion nous semble de bonne augure.

La moins bonne nouvelle, c’est que plus l’entreprise est petite, plus la perception que le dirigeant a de la RSE se dégrade, jusqu’à devenir synonyme de lourdeurs administratives, d’innombrables formulaires à remplir, d’incalculables justificatifs à fournir… voire un facteur de baisse de la productivité des salariés (un comble) associé à une perte financière sèche… Quand on sait que les plans d’action en matière de RSE sont majoritairement impulsés par le top management, on comprend vite pourquoi seulement 23% des TPE sont dotées d’une stratégie à long terme, contre 50% des ETI.

Quand on fait de la RSE … qui ne dit pas son nom

Pour autant, devrions-nous, comme pourrait laisser penser cette étude, en déduire qu’en matière de RSE, la dichotomie entre grandes PME et petites entreprises est irrémédiable ?

Devrions-nous considérer la RSE comme l’apanage des plus grandes structures, reléguant au rang des mauvais élèves, ou à minima des parents pauvres, les petites PME et les TPE ?

De notre point de vue, rien n’est moins sûr : l’exercice des journées et des séminaires solidaires nous ont démontré qu’un bon nombre de petites sociétés avaient d’ores et déjà pris leur responsabilités sociales et environnementales, mais ne l’avaient pas toujours fait dans le cadre d’une politique RSE bien identifiée, du moins, au début. En d’autres termes, de petites entreprises, et plus nombreuses que ce qu’on peut croire, font de la RSE, mais pas toujours en le sachant vraiment.

Autre enseignement qui nous vient du terrain : certaines mènent des actions de RSE, en toute conscience, sans qu’il leur vienne à l’esprit de le faire savoir !

Nous pensons par exemple à Nepsen, Colloquium et Sopano, des PME que nous avons accompagnées afin qu’elles concrétisent leur volonté d’engagement social, via des journées d’action solidaire, séminaires d’équipe ou RTT solidaires … sans que ces initiatives, qui relevaient de la RSE, fassent nécessairement l’objet d’une communication spécifique.

A la lecture de ce sondage, nous mesurons les efforts qu’il reste à faire pour que l’ensemble des acteurs économiques, quelle que soit leur taille, s’emparent des commandements de la RSE, et pour que l’acculturation des parties prenantes (y compris les clients) se poursuive. Mais prenons cette enquête pour ce qu’elle est : un instantané, à un moment T, basé sur du déclaratif. La réalité est plus complexe, et ses perspectives bien plus ouvertes !

2019-10-29T11:13:32+01:0029/10/2019|Ca me regarde... Et vous|

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